"A la mi-temps on a prononcé cette phrase qui est la nôtre: +On vit ensemble et on meurt ensemble+", a dit Florent Malouda après la qualification pour la finale du Mondial. Des mots différents, mais une même idée pour Zinédine Zidane: "Notre mot à nous, c'est: +on doit tous mourir ensemble+".
"C'est un peu la traduction en français de celle de 98 ("I will survive"), a réagi le sélectionneur Raymond Domenech. On veut continuer à vivre."
"Cette phrase vient du fin fond de l'histoire des batailles, quand les tribus se battaient entre elles et que c'était vivre ou se faire +bouffer+ par les autres", a-t-il expliqué.
"Que les joueurs l'aient adoptée, c'est très symbolique de ce qu'on a vécu, a-t-il a souligné. C'est vrai que depuis très longtemps, avant la qualification, c'était ça. Ou on vit bien ensemble et on réalise quelque chose ensemble ou on meurt très vite. Nous n'avons fait que des matches à élimination directe depuis au moins l'Irlande (début septembre en qualifications au Mondial) ou même avant. Cela fait une bonne quinzaine de match que nous vivons avec le couteau sous la gorge."
Au cours de la compagne victorieuse de 1998, la chanson de Gloria Gaynor "I Will Survive" (Je survivrai) était devenue l'hymne des joueurs, qui la chantaient dans les vestiaires après les matches, et un trait d'union avec le grand public, qui avait adopté la chanson comme le symbole du succès.
Lundi, Lilian Thuram avait indiqué que cette année, les Bleus n'avaient pas de chanson, "juste des mots".
"Il y a une phrase qui tire le groupe, avait-il dit. A la fin de la compétition, peut-être qu'un joueur vous dira. Rien qu'avec cette phrase, vous savez exactement (l'état d'esprit du groupe). Mais vous le saurez plus tard."
Thuram expliquait que cette phrase mystère résumait l'état d'esprit d'un groupe dont la "force était l'humilité" et où les joueurs "s'oublient pour les autres". Le mystère a juste été éventé un peu plus tôt que prévu.